front cover of rwanda 1994 by arthemon rugangwa

Rwanda 1994

Les Angoisses d’Adelaïde

Quand un bébé sort du ventre de sa mère, il pousse un cri au premier contact avec le monde; ceci est un signal rassurant sur l’état de santé du nouveau-né. C’est son premier souffle de vie.

Tant qu’il n’a pas crié tout le monde s’inquiète. Entre le premier et le dernier souffle, il y a la vie et ses tours et détours: l’insouciance de l’enfance, l’amour, le succès, les échecs, la politique et ses injustices, mais il y aussi des Génocides… Adélaïde a survécu après avoir servi comme objet sexuel, une expérience traumatique de l’extrême.

Elle nous parle de ses angoisses et de sa résurrection! Son témoignage est une source d’inspirations pour un second souffle de vie; nos soeurs, nos femmes et nos mères en ont bien besoin!

Commentaires de l’évaluateur

Rwanda 1994 : Les Angoisses d’Adelaïde est un roman assez particulier; contrairement à beaucoup d’autres romans sur le génocide des Tutsi, il nous transpose dans une autre dimension qui n’avait pas été suffisamment explorée; le degré de violences faites à la femme Tutsi pendant le génocide de 1994 n’avait été atteint dans les génocides antérieurs. Ce récit d’Adelaïde, qui nous arrive comme un poignard au coeur, témoigne du courage et la témérité de la jeune fille défiant un tabou millénaire autour du sexe au Rwanda. Cette parole d’Adélaïde tire ainsi de l’ombre un grand nombre de voix de femmes violées par les miliciensinterahamwe.

Cette tradition ancienne avait toujours voulu que la femme se taise quand elle était victime de violence sexuelle, car le silence était le seul moyen de préserver l’honneur personnel et familial. Avec cet accablant témoignage, la fiction d’Arthemon Rurangwa pose une brique de baume dans le mur épais du viol et encourage les victimes de cette cruauté à sortir du silence, dont les effets traumatiques sont mortels, de moyen à long terme. Merci pour Rwanda 1994 : Les Angoisses d’Adélaïde.

Charles M. Rutonesha
Docteur of Juridical Science (S.J.D)
Indiana University Robert H. McKinney, School of Law

Le livre d’Arthemon Rurangwa, Rwanda 1994 : Les Angoisses d’Adélaide, plonge le lecteur dans le monde tortueux et inqualifiable du génocide contre le Tutsi en 1994. Le roman mêle témoignage et fiction pour explorer l’un des aspects les plus traumatisants du génocide: l’exploitation sexuelle, l’humiliation, le viol et le meurtre des femmes Tutsi.Soumettre ce traitement horrible au domaine de la fiction permet à l’auteur de juxtaposer l’histoire, la psychologie, la religion et autres domaines, ainsi que l’imagination, pour dire l’indicible. Ce palimpseste permet également de placer le génocide dans son contexte historique et de parler de la souffrance extrême d’autres personnes, hommes et femmes Tutsi. En fin de compte, Adelaïde triomphe du mal extrême en affirmant avec force le désir de vivre à nouveau et de pardonner pour son propre bien et pour le bien de sa patrie qui a besoin de réconciliation pour se refaire.

Aimable Twagilmana
Professeur titulaire et Enseignant
Chercheur Fulbright
State University of New York/Buffalo State

Agase

PRÉFACE

(Extrait)

Il y a vingt-cinq ans le génocide contre les Tutsi du Rwanda a eu lieu, dans l’indifférence générale des pays du monde entier, depuis les nations voisines jusqu’aux institutions internationales et régionales. En avril 1994, au début des massacres, le Conseil de sécurité a rappelé les troupes de l’ONU et les pays occidentaux ont envoyé les contingents armés pour rapatrier leurs ressortissants et leurs animaux de compagnie, et laissant les civils Tutsi et les opposants politiques Hutu à la merci des génocidaires. Les massacres dureront trois mois jusqu’à la Libération du pays par l’APR (Armée Patriotique Rwandaise), en juillet 1994.

Sous les décombres de ce régime génocidaire, de nombreux écrivains, journalistes, témoins et poètes ont décrit les événements et les atrocités subis par les Tutsi sous le régime du Hutu Power. Des écrivains ont discuté de la capacité des récits artistiques ou narratifs à dire l’inhumanité et la barbarie qui ont conduit au génocide des Tutsi. Comment parler de génocide? Telle était la question au lendemain de l’horreur. Au Rwanda après le génocide, une nouvelle vie a commencé sur les ruines de l’ancienne. Telle est la question que pose et à laquelle tente de répondre le livre d’Arthémon Rurangwa, “Les Angoisses d’Adélaïde.

Josias Semujanga
Montréal, le 30 juin 2020

À propos de l’auteur

Rurangwa est l’un des rares Tutsi de sa génération qui a vécu, de près et de loin, le traitement cruel que les régimes oppressifs du Rwanda imposaient aux Tutsi entre 1959 et 1994.

Ce roman – témoignage est lancé comme une bouteille à la mer. Il espère qu’elle atteindra la côte, dans les mains d’autres Adelaïde, ceux et celles qui ont des stigmates du génocide contre les Tutsi, il faut qu’ils en parlent.

C’est la voie unique qui libère et mène au pardon. Il faut pardonner pour vivre.

Remerciements: Belvistahomes.ca

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